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Comment calculer sa rentabilité locative (brut, net, net-net)

Le rendement brut : utile pour trier, pas pour décider

Le rendement brut se calcule en divisant le loyer annuel hors charges par le prix d'achat, multiplié par 100. C'est le chiffre que vous verrez le plus souvent dans les annonces, car il est simple et flatteur : il ignore la taxe foncière, l'assurance, la gestion, la vacance locative et le crédit. Il sert surtout à comparer rapidement plusieurs biens similaires dans une même ville, pour éliminer les dossiers manifestement peu intéressants. Mais il ne dit rien de ce que vous encaisserez réellement chaque mois, ni de ce qu'il restera une fois l'impôt payé. Un bien affiché à 7 % brut peut très bien tomber à 2 ou 3 % net-net une fois toutes les charges et la fiscalité prises en compte. Utilisez le rendement brut comme un premier filtre, jamais comme base de décision finale.

Le rendement net de charges : ce qu'il faut réellement soustraire

Le rendement net part du même loyer annuel, mais en déduisant les charges qui restent à votre charge de propriétaire : la part non récupérable des charges de copropriété, la taxe foncière, l'assurance propriétaire non occupant (PNO), les frais de gestion locative si vous déléguez, et une estimation de la vacance locative. On rapporte ensuite ce loyer net de charges non pas au seul prix d'achat, mais au coût total de l'opération : prix d'achat, frais de notaire et travaux éventuels compris. C'est une nuance importante, car deux biens au même prix d'achat mais avec des frais de notaire ou des travaux différents n'ont pas la même rentabilité réelle. Le rendement net donne une image beaucoup plus fidèle de la performance opérationnelle du bien, avant impôt, et c'est le chiffre à comparer sérieusement entre plusieurs dossiers.

La rentabilité nette-nette : ce qu'il vous reste après impôt

La rentabilité nette-nette intègre en plus votre fiscalité personnelle, ce qui la rend différente pour chaque investisseur selon sa tranche marginale d'imposition et le régime fiscal choisi. En location nue, le micro-foncier applique un abattement forfaitaire de 30 % sur le loyer brut quel que soit le montant réel de vos charges. C'est simple, mais rarement optimal si vous avez des travaux ou un crédit important. Le régime réel foncier permet de déduire les charges réelles (intérêts d'emprunt, taxe foncière, travaux, gestion), ce qui réduit davantage la base imposable dans la plupart des cas. En location meublée (LMNP), le micro-BIC applique un abattement de 50 %, et le régime réel permet en plus d'amortir le bien et le mobilier, ce qui neutralise souvent l'impôt pendant plusieurs années. Une fois le revenu imposable déterminé, l'impôt se calcule en appliquant votre tranche marginale d'imposition plus les prélèvements sociaux de 17,2 %. C'est le seul chiffre qui reflète ce que vous gardez vraiment dans la poche chaque année.

Exemple chiffré : un T2 à 150 000 €

Prenons un T2 acheté 150 000 €, avec 12 000 € de frais de notaire et 10 000 € de travaux, soit un investissement total de 172 000 €. Il est loué 750 € par mois, soit 9 000 € de loyer annuel. Rendement brut : 9 000 / 172 000 = 5,2 %. Côté charges, comptez 600 € de charges de copropriété non récupérables, 900 € de taxe foncière, 150 € d'assurance PNO, 630 € de frais de gestion locative (7 % des loyers), et l'équivalent d'un mois de vacance locative, soit 750 €. Le total des charges atteint 3 030 €, ramenant le loyer net à 5 970 €. Rendement net : 5 970 / 172 000 = 3,5 %. Déclaré au régime micro-foncier, l'abattement de 30 % s'applique sur le loyer brut : le revenu imposable est de 6 300 €. Pour un investisseur en tranche marginale à 30 %, l'impôt et les prélèvements sociaux (47,2 % au total) représentent environ 2 974 €. Il reste alors 5 970 − 2 974 = 2 996 € par an. Rentabilité nette-nette : 2 996 / 172 000 = 1,7 %. L'écart entre le 5,2 % affiché dans l'annonce et le 1,7 % réellement empoché illustre pourquoi le rendement brut ne doit jamais servir de base de décision, et pourquoi le choix du régime fiscal change concrètement le résultat.

Questions fréquentes

Le rendement brut suffit-il pour comparer deux biens ?
Seulement pour un premier tri entre biens similaires dans la même zone. Dès que vous hésitez sérieusement entre deux dossiers, comparez plutôt leur rendement net, voire leur rentabilité nette-nette si vous connaissez déjà le régime fiscal que vous choisirez.
Faut-il inclure les frais de notaire dans le calcul de rentabilité ?
Oui. Ils font partie du coût réel de l'opération, au même titre que d'éventuels travaux. Les ignorer gonfle artificiellement le rendement affiché, souvent de 0,5 à 1 point.
Quelle est la différence entre rendement net et rentabilité nette-nette ?
Le rendement net déduit les charges d'exploitation (copropriété, taxe foncière, assurance, gestion, vacance). La rentabilité nette-nette va plus loin en déduisant aussi l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, selon votre régime fiscal et votre tranche d'imposition.
Le calcul de rentabilité change-t-il si le bien est financé à crédit ?
Non, le rendement se calcule toujours par rapport au prix total de l'opération, indépendamment du financement. En revanche, le cash-flow mensuel, ce qui reste une fois la mensualité de crédit payée, dépend directement des conditions d'emprunt, et peut être positif ou négatif même sur un bien rentable.

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